L’amitié au travail : un atout ou une stratégie ?
Dans ce nouvel épisode de #JobNewsbyIndeed, au micro de Jean Baptiste Vennin, Eric Gras explore le sujet de l’amitié au travail.
Alors que les statistiques révèlent que 1 Français sur 4 a déjà vécu une histoire d’amour sur son lieu de travail, une enquête menée par Indeed met en lumière l’importance des relations amicales dans le monde professionnel.
🔹 Les chiffres marquants :
- 60 % des salariés en entreprise privée déclarent avoir un « work bestie »
- 71 % des employés se sentent plus motivés à aider un collègue ami
- 45 % des salariés sont moins motivés lorsque leurs collègues proches sont absents
- 81 % des moins de 35 ans ont développé des amitiés au travail contre 64 % des 35 ans et plus
💡 Les grands enseignements de cette enquête :
✔️ L’amitié au travail booste la motivation, la productivité et le bien-être.
✔️ Le télétravail a changé la manière dont les liens se créent et se maintiennent.
✔️ Les jeunes et les femmes sont les plus enclins à nouer des relations amicales professionnelles.
✔️ Des relations professionnelles bien entretenues peuvent aussi servir une stratégie de carrière.
🛠️ Les implications pour les entreprises :
- Encourager un cadre propice aux relations amicales (espaces collaboratifs, afterworks, team-building).
- Comprendre que ces liens influencent la culture d’entreprise et la cohésion d’équipe.
- Trouver l’équilibre entre amitié et maintien de la productivité.
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Transcript
**Voix off**:
Job Radio présente Job News by Indeed, le podcast qui décrypte l'actu de l'emploi.
**Jean Baptiste Vennin**:
Le saviez-vous ? Un Français sur quatre serait déjà tombé amoureux au travail. Selon un sondage OpinionWay, 10% des Français ont rencontré leur conjoint sur leur lieu de travail, selon une étude de Randstat, des stats amusantes publiées à quelques jours de la Saint-Valentin. Ça tombe pas mal. Indeed, de ce côté, s'est penché sur l'amitié, cette fois au travail. 60% des salariés des entreprises privées ont un work-based T. L'amitié au travail est-elle une nouvelle norme intéressée ? Comment l'amitié est-elle perçue par les Français ? Est-ce une voie naturelle à emprunter ? Un besoin, voire même une stratégie ? Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Job News by Indeed. C'est le podcast qui décrypte tous les mois l'actu de l'emploi. Bienvenue à toi, Éric Gras. Merci. Bonjour Jean-Baptiste. Bonjour à tous. Bienvenue. Je rappelle que tu es expert du marché de l'emploi pour Indeed. Alors avec le concours... Vous avez réalisé une enquête sur les salariés et l'amitié au travail. C'était du 8 au 13 novembre dernier, pour être tout à fait précis. Première question, pour quelles raisons s'intéresser à ce sujet de l'amitié au travail ?
**Éric Gras**:
Il y a plusieurs raisons, mais à noter qu'on passe une très grande partie de sa vie au travail. C'est vrai. Et donc, mécaniquement, on noue des relations, bonnes ou mauvaises, mais enfin, il se passe des choses au travail. On constate que les relations amicales et professionnelles ont considérablement muté aussi ces dernières décennies. Et notamment au gré des transformations dans l'organisation du travail récemment avec notamment le Covid-19 qui a bousculé aussi le rapport au travail, au présentiel, au distanciel, etc. Donc, on a voulu déterminer aujourd'hui, avec le travail hybride, toutes ces nouvelles tendances, le retour relatif au bureau aussi, comment l'amitié a été perçue par les Français ? Est-ce que c'est une voie naturelle à emprunter ? Est-ce que c'est un besoin, voire est-ce que c'est une stratégie ?
**Jean Baptiste Vennin**:
Une vraie question, effectivement, qui mérite réponse. Pour que l'enquête soit représentative, ce sont combien de personnes et quels profils qui ont été sondés pour les besoins de l'étude ?
**Éric Gras**:
Alors, c'est toujours pareil, on prend un échantillon représentatif. On a regardé, par contre, les entreprises privées de 20 salariés et plus. Donc, on n'a pas regardé le secteur public. Des personnes âgées d'au moins 18 ans, donc majeures, avec toujours les mêmes quotas de répartition entre les hommes et les femmes et l'âge des gens. Et on l'a fait avec le système CAWI, qui est Computer Assisted Web Interview, donc un questionnaire auto-administré. Et ces interviews ont été réalisées du 8 au 13.
**Jean Baptiste Vennin**:
Alors, du 8 au 13 novembre dernier. Comment l'amitié au travail, finalement, vient influencer la motivation et la productivité des salariés ?
**Éric Gras**:
Ces liens amicaux s'avèrent particulièrement importants pour la productivité et la motivation. Près de trois quarts des salariés, 71%, affirment qu'ils se sentent plus disposés à travailler, plus, quand il s'agit de rendre service à un collègue ou un ami. Donc, en gros, si tu travailles avec des gens qui n'ont pas spécialement d'intérêt pour toi, tu fais ça. C'est le tas. Le strict minimum. Voilà. Par contre, à 71%, ils vont faire plus si c'est pour aider un ami ou un très, très bon collègue dont on est proche. Mais la motivation, elle peut aussi suivre une tendance inverse, puisque près d'un sondé sur deux reconnaît se sentir moins motivé à travailler lorsque ses work besties, ses amis du travail, ne sont pas là, à hauteur de 45%.
**Jean Baptiste Vennin**:
Donc, il y a un vrai lien de cause à effet. Tout à l'heure, tu as parlé rapidement du Covid qui a accéléré la digitalisation des entreprises. Ça a transformé carrément les organisations même du travail. Les répercussions du Covid maintenant et du télétravail sur les relations amicales au travail, quelles sont-elles ?
**Éric Gras**:
Voir et passer du temps en compagnie de ses collègues préférés, c'est un besoin. C'est une vraie nécessité, notamment depuis la pandémie. On a vu, il suffit de regarder les chiffres de la CPAM, etc. Des gens malades et pas bien et une augmentation du stress et du mal-être au travail par des gens qui étaient trop éloignés. Donc, le télétravail forcé. On parle beaucoup du télétravail, mais il faut trouver la bonne dose à laisser des séquelles. Et donc, on voit qu'une amitié au travail, elle se cultive plus seulement via un partage de locaux professionnels, mais elle implique aussi une véritable organisation. L'objectif, ce n'est pas juste d'être physiquement avec des gens, mais de partager des choses avec les bonnes personnes. Donc, c'est un peu ça la différence. On en a vraiment besoin. Et désormais, on a un salarié sur deux qui cherche en effet à accorder régulièrement ses jours de télétravail. Avec ses amis du travail. Et pour cause, la même proportion déclare que leurs collègues préférés leur manquent quand ils sont à distance. Donc, on voit qu'il y a un besoin d'être ensemble et que quand on gère le télétravail ou le présentiel, ce n'est pas uniquement en fonction de soi. C'est aussi en fonction, justement, de ses meilleurs amis, collègues.
**Jean Baptiste Vennin**:
D'accord. Alors, c'est ce que révèle l'enquête. Les jeunes salariés sont davantage enclins à maintenir des liens amicaux, même à distance. Est-ce qu'on sait pourquoi ?
**Éric Gras**:
L'amitié au travail, c'est la base la plus répandue chez les jeunes salariés. 81% des moins de 35 ans se sont fait des amis personnels parmi leurs collègues contre 64% chez les 35 ans et plus. De surcroît, depuis la pandémie, les jeunes salariés plus que les autres accordent leurs jours de télétravail avec leurs collègues préférés. Ils sont 63% à le faire chez les jeunes contre 43% chez les autres. Notamment parce que leurs amis leur manquent quand ils sont à distance. On a vu la stat tout à l'heure, c'est 67% chez les jeunes. Donc, c'est encore plus vrai chez les jeunes. Les hommes, ils ont vraiment besoin de se retrouver ensemble physiquement.
**Jean Baptiste Vennin**:
Alors, tout à l'heure dans l'enquête, tu parlais d'échantillons vraiment représentatifs, donc avec autant de femmes que d'hommes sondés. Donc, je peux te poser cette question. Est-ce que les femmes sont davantage susceptibles de développer des amitiés que les hommes ?
**Éric Gras**:
Encore plus que les jeunes. Si on doit raisonner en tant que communauté, les femmes, elles sont plus nombreuses. Elles sont 69% contre 54% de la moyenne à avoir intégré dans leur sphère privée certains de leurs collègues. Et ils sont 76% contre 66% chez les hommes. Donc, on a besoin de développer cette relation amicale au travail.
**Jean Baptiste Vennin**:
Alors, ce work bestie, puisqu'on a parlé des jeunes et des femmes, pourquoi cette tendance est peut-être davantage présente dans ces communautés-là que les hommes de manière générale ?
**Éric Gras**:
Alors, il y a trois publics qui sont assez discriminés dans le monde de l'emploi. C'est un peu mon analyse, ce n'est peut-être pas la bonne. Mais les seniors, les jeunes de moins de 35 ans et les femmes aussi. Donc, il y a peut-être un phénomène de communauté, de communautarisme, de sororité chez les femmes. De dire, comme on est un groupe de femmes, on peut être un peu plus proche. On peut être un peu en minorité ou qu'on est peut-être un peu moins bien traité que les autres. Peut-être qu'il faut qu'on soit solidaires entre nous. Et donc, je me dis que ça doit créer des liens un peu particuliers. Comme chez les jeunes, quand il y a un groupe de stagiaires, d'alternants, etc. Ils ont pour autant très envie aussi d'échanger et de partager avec les autres. Naturellement, pas plus facilement. Exactement, de communauté. Puis peut-être de centres d'intérêt aussi. Parce que, je ne sais pas, les jeunes peuvent se retrouver autour d'un jeu en ligne, d'une passion, d'un sport, etc. Ce qui peut peut-être un peu moins concerner d'autres communautés. Peut-être, c'est mon avis.
**Jean Baptiste Vennin**:
Il y a des seniors qui font des jeux vidéo et ça se passe très bien. Bien sûr, l'un n'empêche pas l'autre. L'un n'empêche pas l'autre, évidemment. De manière générale, les relations amicales au travail, est-ce qu'elles peuvent servir aussi des intérêts personnels et professionnels ?
**Éric Gras**:
Oui, c'est tout l'enjeu de cette étude. C'est que nous louer des liens amicaux au travail, ça peut en effet servir des intérêts plus personnels. Être politique au travail. C'est-à-dire développer une stratégie en vue de se faire bien voir par ses supérieurs, glaner des informations, faire passer des messages, partager des points de vue. Et un jeu auquel une grande partie des salariés dans les entreprises concernées se prêtent. Ils sont 76% des interviewés à admettre le faire. Donc, se servir des relations amicales pour faire passer des messages et nouer des relations. C'est à cet égard que le développement de rapports amicaux peut s'avérer très utile. Les moments informels qui s'inscrivent déjà dans les habitudes du quotidien, sont les occasions parfaites pour placer ses pions. Les pauses déjeuner, à 41%. Les pauses café, fameuses, 38%. Donc sensiblement la même proportion. Et le tour des bureaux pour dire bonjour ou au revoir aussi. Parce que ce n'est pas toujours proche de son bureau, selon la taille. Ou on peut avoir aussi des amis. Donc ça, c'est important. La deuxième chose, c'est la politique politicienne au travail, qui est davantage pratiquée par les jeunes. 84%, c'est énorme. Des moins de 35 ans. Contre 75% chez les 35-49. Et 65 chez les plus de 50 ans. Les salariés appartenant aux catégories socio-professionnelles supérieures aussi. Ils sont 80% contre 71% chez les autres. Ceux qui pratiquent du télétravail, 81% contre 68% chez ceux qui sont tout le temps au bureau. Et donc, je me dis, en fait, c'est peut-être par volonté d'affirmer leur place dans l'entreprise, par crainte de passer inaperçu. Donc en gros, ça rejoint un peu ce que je disais tout à l'heure. Quand tu es jeune, tu as besoin un peu plus de faire tes preuves. Tu as besoin d'exister. Tu fais partie un peu d'une minorité. Le télétravail, on l'a vu aussi. Ceux qui sont au télétravail, quand ils reviennent, c'est de dire, je suis là. Montrer que je suis là. Donc lui, il va dire encore un peu plus bonjour, au revoir, j'étais là, il y a un happy hour, j'étais présent. Voilà pour montrer qu'il est toujours là et qu'il est toujours bien intégré. Et enfin, on notera que les liens politiques se développent à tous les niveaux hiérarchiques. 35% des encadrants reconnaissent avoir déjà été plus amicaux avec un collaborateur dont ils sont directement responsables. Afin de se faire bien voir. Et 30% des salariés l'ont fait à l'inverse avec leur supérieur hiérarchique direct aussi. En gros, il y a peut-être une obligation de liens un peu plus amicaux. Plus difficile de refuser un verre après le travail quand il y a un lien hiérarchique.
**Jean Baptiste Vennin**:
Donc pas toujours finalement très naturel. Mais à la limite, il y a des amitiés qui peuvent quand même se créer. Donc ça, c'est bien. Est-ce qu'il y a des inconvénients aussi à avoir des work besties ?
**Éric Gras**:
Il y a des avantages et des inconvénients. Les avantages, c'est... Ça favorise quand même le bien-être au travail. Ça renforce la motivation. Ça améliore la collaboration grâce à une communication plus fluide. Quand tu connais quelqu'un, tu connais son registre verbal aussi. Tu sais comment il réagit. Tu peux te permettre des blagues aussi. Voilà, donc c'est un peu plus fluide. Ça apporte aussi un soutien moral. Donc ça réduit le stress et l'isolement. Un peu plus à l'aise quand tu ne vas pas bien de te confier à quelqu'un qui est un peu plus un ami que juste un collègue. Donc ça, ça peut aider. Les inconvénients, c'est que ça peut entraîner du favoritisme. Donc ça peut créer un aspect communautaire dont je parlais tout à l'heure. Ça peut nuire à la concentration aussi. Ça peut compliquer la gestion des conflits parce qu'on est un peu plus dans la passion et moins dans le rationnel. Et le départ aussi d'un bon ami au travail, ça peut impacter négativement l'engagement et l'ambiance au travail. Donc avantages et inconvénients.
**Jean Baptiste Vennin**:
Ok. Tu en parlais rapidement tout à l'heure des salariés qui sont plus motivés à aider leurs collègues amis entre guillemets. L'étude d'ailleurs révèle qu'ils sont 71% dans ce cas-là. Est-ce que ça pourrait devenir un nouveau levier quelque part dans les stratégies des ressources humaines ?
**Éric Gras**:
Ah oui. Alors l'amitié au travail, elle peut devenir un vrai levier stratégique pour les RH en renforçant l'entraide, l'engagement, la cohésion d'équipe. Donc souvent, il y a des managers qui essayent de le faire en le décrétant. Là, en fait, quand la mayonnaise prend, c'est beaucoup plus simple et du coup, c'est beaucoup plus naturel. Donc il faut par contre créer les conditions pour favoriser cette entraide. Donc des collaborateurs amis sont plus enclins à s'entraider. Ça améliore la productivité, ça améliore le climat au travail. Encourager ces relations par des espaces d'échanges. Donc on voit que depuis le Covid, notamment pour les postes télétravaillables et les postes tertiaires, on réaménage les bureaux différemment. Et donc, on a beaucoup plus d'espaces collaboratifs que de bureaux individuels, par exemple. Ça peut être aussi les team building qui reviennent et qui fonctionnent bien. Beaucoup d'entreprises, même en difficulté, savent investir et dépenser de l'argent pour se retrouver, genre, pas citer les marques, mais à Centerfield. Ou à Disney et partager à la fois des moments de travail et des moments conviviaux pour créer ces relations. Et en fait, ça booste à la fois le bien-être individuel et ça développe la performance collective.
**Jean Baptiste Vennin**:
Et jusqu'à quel point, en tout cas, peut-être qu'on se pose la question en haut lieu dans les directions, mais les entreprises peuvent encourager cette amitié au travail sans pour autant derrière compromettre la productivité ? Parce qu'on ne va pas se mentir, in fine, il faut que l'entreprise reste productive.
**Éric Gras**:
En fait, il faut toujours avoir deux objectifs. Donc le premier objectif reste la productivité et l'efficacité. Donc il faut le faire en mettant un cadre. Et par exemple, quand on fait des after work ou ce genre de choses, ne pas aller trop loin, ne pas se coucher trop tard, fixer des limites et puis l'encadrer. Quand je parlais tout à l'heure de faire un séminaire, par exemple, c'est de dire voilà, il y a un intérêt à se retrouver. Il y a des moments conviviaux, sympas, où chacun peut dire ce qu'il veut, on se lâche, etc. Mais il y a quand même un objectif commun et un objectif pour l'entreprise. Donc voilà, il faut mesurer, il faut l'encadrer et il faut notamment accompagner les managers.
**Jean Baptiste Vennin**:
Il y a une question aussi intéressante. Est-ce qu'il y a des secteurs d'activité, justement, où les amitiés au travail sont peut-être plus courantes ou en tout cas plus propices ?
**Éric Gras**:
Alors, ce qu'on constate dans cette étude, c'est qu'en effet, le secteur des services, ils sont plus propres à faire ce genre de choses par rapport à la nature du contrat de travail des locaux du télétravail dont je parlais tout à l'heure. Donc c'est 79 contre 68 pour le secteur du commerce, par exemple. 57 pour l'industrie. Et le BTP. Donc, il n'y a pas vraiment de secteur d'activité très, très en retrait parce que même le BTP ou l'industrie, on voit que c'est quand même une proportion assez élevée. Par contre, ça va se faire dans un contexte un peu différent parce que si on travaille dans un environnement contraint avec du bruit, qu'on a un casque sur les oreilles sur un chantier, par exemple. Par contre, on va, oui, profiter des pauses. Et à ce moment-là, il va se créer quelque chose de sincère et d'authentique également.
**Jean Baptiste Vennin**:
Est-ce que les relations amicales au travail peuvent aussi aller jusqu'à influencer la culture du travail ?
**Éric Gras**:
Oui, alors les relations amicales au travail, elles ne se font pas au détriment. Si elles ne se font pas au détriment de l'autre, elles renforcent la culture d'entreprise. Ça favorise un climat de confiance que j'expliquais tout à l'heure, de collaboration, de bien-être, etc. Ça crée un environnement, ce qu'on constate, beaucoup plus inclusif et dynamique. Donc, le fait de se réunir tous ensemble va éviter justement le côté communautarisme. C'est pour ça qu'il faut l'encadrer. Il faut être vigilant pour éviter que les gens ne se retrouvent qu'entre eux par communauté. Et donc, quand on a cet état d'esprit-là, justement, ça favorise l'échange entre justement les hommes, les femmes, entre les seniors et les juniors, entre des nouveaux et des anciens, etc. Et donc, ça participe énormément à renforcer la culture d'entreprise.
**Jean Baptiste Vennin**:
Eric, tu parlais tout à l'heure du retour en force des événements type building, donc événements festifs. Vous vous êtes arrêté sur la période de Noël aussi pendant l'enquête. Est-ce que les célébrations de Noël, justement, en entreprise, ont des effets qui peuvent être mesurables sur les relations amicales et la culture d'entreprise ?
**Éric Gras**:
Oui, alors Noël ou célébrations de fin d'année, s'il y a des gens qui ont des cultures différentes et qui ne fêtent pas Noël.
**Jean Baptiste Vennin**:
Ou début d'année.
**Éric Gras**:
Ou début d'année. Enfin, l'objectif, voilà, ce n'est pas d'exclure et de ne pas renier en même temps les coutumes qu'on peut avoir. Donc ça, oui, ça renforce la cohésion d'équipe. D'ailleurs, quand on avait fait une étude, c'était important de montrer que même quand on n'avait pas d'enfants, en fait, on peut aimer Noël. Bien sûr. Donc, en fait, le Noël, ce n'est pas que pour les... Les gamins. Les salariés qui sont parents et pour leurs enfants, donc ça va concerner tout le monde. Ça contribue à un sentiment d'appartenance aussi, une ambiance au travail plus conviviale. C'est tout bête, mais on va décorer aussi les bureaux un peu différemment. Et donc, de voir son bureau sous un autre angle, avec un sapin de Noël, avec des décos de Noël et tout, il y a aussi le sentiment d'appropriation. Ça se fait beaucoup aussi maintenant avec Halloween. Voilà, donc c'est s'approprier le lieu de travail comme un deuxième lieu de vie et donc de partager dans ce lieu de travail, qui n'est plus qu'un lieu de travail, mais qui est aussi un lieu de partage et de convivialité.
**Jean Baptiste Vennin**:
Ce qui est parfois compliqué, c'est de mettre fin justement à cette période festive. On dit on remballe tout et ce sera à nouveau l'année prochaine en attendant. Justement, par rapport aux événements festifs, en quoi ça peut être stratégique pour les salariés d'un côté et de l'autre, pourquoi ça peut servir aussi la cohésion d'équipe pour les managers, pour les dirigeants ?
**Éric Gras**:
S'ils trouvent agréable de trinquer avec leur supérieur hiérarchique à 70 %, ou la personne qui les manage, 84 %, les répondants considèrent également que les événements de fin d'année sont vraiment nécessaires d'un point de vue purement stratégique. Le seul fait d'être présent ou absent peut être perçu comme lourd de conséquences. Donc il y a une forme d'obligation quand même. Un Français sur deux a le sentiment que ne pas se rendre à cet événement serait mal vu de la part de leurs collègues. 44 % des salariés, 56 % des recruteurs et ou de sa direction à sensiblement 50 %.
**Jean Baptiste Vennin**:
Et l'enquête ne dit pas quelles sont les excuses bidons pour ne pas aller à ce type d'événement quand on n'a pas envie d'y aller ?
**Éric Gras**:
Non. Justement, en gros, il faut être politique. Et quand on n'y va pas, c'est-à-dire qu'il faut vraiment se justifier. On ne peut pas juste dire j'ai pas envie parce que là, c'est vraiment mal perçu. Donc si on retourne en enfance, c'est un peu comme à l'école. Il faut une excuse valable pour être crédible vis-à-vis de ses professeurs. Là, c'est un peu ça. Et donc, c'est compliqué parce qu'à la fois, il ne faut pas que ça soit une injonction. Tout le monde n'a pas le même référentiel. Tout le monde n'a pas forcément envie de partager des moments de convivialité. On peut aussi avoir des contraintes et on peut aussi tout simplement ne pas aimer ça.
**Jean Baptiste Vennin**:
Ma grand-mère est décédée. Ce n'est pas forcément une bonne excuse.
**Éric Gras**:
Si c'est la troisième fois, c'est un peu compliqué.
**Jean Baptiste Vennin**:
Dans quelle mesure la machine à café aussi peut favoriser la vraie naissance d'une amitié ?
**Éric Gras**:
La machine à café, en fait, c'est le symbole de la machine à café dans le sens où c'est un lieu où on se retrouve. Je parlais tout à l'heure de réaménager les espaces. Tout le monde n'aime pas le café. Mais avant, on parlait aussi de la pause cigarette. On en parle encore aussi d'ailleurs. C'est moins le cas, mais même les gens qui vapotent vont se retrouver entre eux. Il y a souvent des discussions stratégiques qui s'opèrent à ce moment-là entre fumeurs, etc.
**Jean Baptiste Vennin**:
Sur le trottoir, ça discute.
**Éric Gras**:
Exactement. Pour les fans de la série Friends, il y a une scène un peu mythique de Rachel qui essaye de s'intégrer dans sa nouvelle entreprise et qui est en concurrence avec un collègue qui lui fume et partage énormément d'infos avec sa patronne. Elle se met à fumer, alors qu'elle déteste ça, pour récupérer tout ça. C'est important, au-delà de la machine à café, de créer un endroit où on peut se retrouver. Ça peut être aussi à côté de la machine à café, avoir une fontaine à eau, avoir un autre endroit, avoir le fameux baby-foot ou je ne sais pas, peu importe. Un espace où on peut se retrouver. On revient un peu à l'histoire romaine, c'est l'espèce d'agora. C'est une place publique, un lieu où on se retrouve pour éviter d'être tout seul dans son bureau ou tout seul uniquement avec son téléphone. Il y a un endroit où on va croiser d'autres personnes et on va pouvoir échanger de façon informelle.
**Jean Baptiste Vennin**:
Favoriser ce type d'échanges informels, trouver même un lieu dont tu parlais à l'instant. Est-ce que là aussi, il n'y a pas une histoire derrière d'images que l'entreprise pourrait cultiver ? On pourrait se dire peut-être qu'il manque un petit peu de sincérité.
**Éric Gras**:
Oui, je dis toujours que les entreprises ne sont pas totalement philanthropes. Même si ça part d'un bon sentiment, il y a toujours un intérêt derrière. Mais peu importe, ce n'est pas grave. Je trouve ça plutôt sain que l'entreprise réalise qu'en faisant ça, il y a un intérêt derrière. Ça veut dire qu'elle comprenne aujourd'hui que d'investir dans le bien-être des salariés, dans la cohésion d'équipe, dans les relations un peu plus professionnelles, c'est bon pour leurs salariés et c'est bon pour l'entreprise.
**Jean Baptiste Vennin**:
Finalement, si on devait terminer sur cette question-là, qu'est-ce qu'il faut retenir ? C'est quoi la principale leçon ou les leçons que les entreprises doivent tirer de ce type d'enquête sur les work besties ?
**Éric Gras**:
Il y a trois grandes conclusions. L'amitié au travail, qu'elle relève de relations authentiques ou plus stratégiques, existe au sein des entreprises. Autant la manager, l'encadrer et l'insuffler. Ça permet de consolider des relations fortes. Ça permet de l'entraide dans les moments difficiles aussi. C'est hyper stratégique pour les entreprises. C'est vraiment bon pour les collaborateurs. L'importance de maintenir ces relations, même en dehors du bureau, c'est renforcé à l'heure du télétravail aussi. Ça permet d'augmenter l'engagement et, paradoxalement, la productivité. Et les relations amicales dans la sphère professionnelle, elles ne remplissent pas uniquement des fonctions sociales, mais c'est aussi beaucoup plus politique. Ça permet aussi à des gens de gravir des échelons. Ça permet aussi de travailler en mode projet de façon plus efficace. Parce qu'on voit que le travail ne se fait pas toujours uniquement dans le cadre du travail, il peut se faire aussi un peu en dehors. Donc voilà, investissez dans les relations sociales. Ça augmente l'efficacité, la productivité de vos collaborateurs.
**Jean Baptiste Vennin**:
Et c'est prouvé, voilà, avec les chiffres qui vont avec. Un grand merci à toi, Eric.
**Éric Gras**:
Merci beaucoup, Jean-Baptiste.
**Jean Baptiste Vennin**:
Bonne continuation. Merci de nous avoir suivis. Ça s'appelle Job News by Indeed. C'est le podcast qui décrypte tous les mois l'actu de l'emploi. Et si vous avez apprécié l'épisode, partagez-le, laissez une évaluation positive sur la plateforme de podcast de votre choix. Par exemple, dans Noter Avis sur Apple Podcast, vous pouvez nous laisser 5 étoiles. Ça nous fera bien plaisir et ça permet de faire prospérer encore le podcast et d'agrandir la communauté. Merci à vous et on se retrouve très vite pour un nouvel épisode. Ciao, ciao, salut.
**Voix off**:
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